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Chute de cheveux à la rentrée : saisonnière ou pas ?

26 Août 2026
Chute de cheveux à la rentrée : saisonnière ou pas ?

Vous en retrouvez plus dans la douche, plus sur la brosse, plus sur les vêtements. Ce n’est pas nécessairement une impression : une variation saisonnière de la chute de cheveux est documentée depuis plusieurs décennies.

Mais « saisonnier » ne veut pas dire que toute chute observée en septembre est normale. Et c’est précisément la distinction que cet article propose de faire — parce qu’elle détermine s’il faut simplement attendre, ou consulter.

Ce qu’il faut retenir

Une variation saisonnière existe bien

L’étude la plus systématique a porté sur 823 femmes en bonne santé se plaignant de chute de cheveux. L’analyse des trichogrammes — un examen qui mesure la proportion de cheveux en phase de repos — a mis en évidence une périodicité annuelle, avec une proportion maximale en été et un second pic moins marqué au printemps. Les taux les plus bas ont été observés en fin d’hiver.

D’autres travaux vont dans le même sens : un suivi de longue durée retrouvait les proportions les plus élevées entre août et octobre, et une série portant sur près de trois mille sujets sur deux années consécutives retrouvait une augmentation entre juillet et octobre.

Une réserve honnête : ces études sont majoritairement observationnelles, et les mois de pic varient légèrement selon la méthode employée. Elles s’accordent sur l’existence d’une variation, pas sur une date précise ni sur une amplitude standardisée.

Point utile : cette variation a été observée indépendamment de l’existence ou non d’une chute de cheveux d’origine héréditaire.

Variation saisonnière ou effluvium télogène ? Ce n’est pas la même chose

C’est la distinction la plus importante de cet article, et elle est souvent escamotée.

Le cheveu suit un cycle : une phase de croissance de plusieurs années, une transition courte, puis une phase de repos de quelques mois avant la chute. À un instant donné, environ dix à quinze pour cent des cheveux du cuir chevelu sont en phase de repos.

Une variation saisonnière correspond à une fluctuation physiologique de cet équilibre. Elle est légère, elle revient d’une année sur l’autre, elle ne signale rien.

Un effluvium télogène est différent : un facteur déclenchant fait basculer une proportion inhabituelle de cheveux en phase de repos. Ceux-ci ne tombent pas immédiatement — ils tombent à la fin de cette phase, plusieurs semaines à plusieurs mois plus tard. Une fièvre importante, une intervention, un accouchement, une perte de poids marquée, une maladie, un changement de traitement figurent parmi les déclencheurs décrits.

Ce décalage explique une observation troublante : au moment où la chute survient, la personne a souvent récupéré de l’événement et ne fait pas le lien.

Les deux situations peuvent avoir un calendrier voisin à l’automne. Mais une chute de septembre ne doit pas être assimilée automatiquement à l’une ou à l’autre. C’est justement ce qui rend l’observation des caractéristiques — décrites ci-dessous — plus utile que la recherche d’une explication saisonnière rassurante.

À quoi ressemble une variation saisonnière isolée

Quelques caractéristiques permettent de s’orienter.

Elle est diffuse : la perte concerne l’ensemble du cuir chevelu, sans zone dégarnie ni recul de la ligne frontale. Elle est modérée : une augmentation par rapport à d’habitude, pas des poignées. Elle est transitoire : quelques semaines à quelques mois, puis atténuation. Elle est souvent récurrente : en y repensant, la même chose s’est produite les années précédentes.

Une variation saisonnière isolée n’est pas censée entraîner une perte de densité progressive et durable. Si la raie s’élargit, ou si la densité ne récupère pas, une autre cause doit être recherchée.

Un repère pratique : comparez avec des photographies anciennes, prises dans des conditions similaires. C’est une méthode recommandée en consultation, et plus objective que l’impression laissée par un miroir un matin difficile.

On cite souvent cinquante à cent cheveux par jour comme ordre de grandeur de la chute habituelle. Ce chiffre reste indicatif : le comptage quotidien est peu fiable en pratique, et varie selon la fréquence de lavage, la longueur des cheveux et la coiffure. L’évolution de la densité générale est un repère bien plus utile.

Un point rassurant sur le fond : dans un effluvium télogène comme dans une variation saisonnière, les follicules ne sont pas détruits. Leur fonctionnement est désynchronisé, pas altéré. C’est ce qui distingue fondamentalement ces phénomènes d’une chute de cheveux héréditaire, où les follicules se miniaturisent progressivement.

Ce qui justifie une consultation

Certaines situations sortent du cadre décrit ci-dessus et relèvent d’un avis médical, sans attendre la fin de l’automne :

Une chute diffuse à l’automne peut relever d’une variation saisonnière. Elle peut aussi révéler une carence, un trouble thyroïdien, une suite de grossesse, un effet médicamenteux, ou coexister avec une chute héréditaire débutante. C’est pourquoi la conclusion « c’est saisonnier » ne devrait pas être posée trop vite.

Chute ou casse ? Une confusion fréquente en septembre

Une partie de ce qui est perçu comme une chute est en réalité de la casse — et l’été y contribue : soleil, sel, chlore, chaleur des appareils, attaches serrées, lavages plus fréquents.

Un repère simple. Un cheveu tombé en fin de cycle présente souvent, à une extrémité, un petit renflement clair et kératinisé. Un cheveu cassé est interrompu sur sa longueur et ne présente pas cet aspect ; il est souvent plus court que vos cheveux.

Ce repère peut aider à s’orienter, mais il ne suffit pas à déterminer l’origine d’une chute. Il indique surtout la direction : la casse relève du soin de la fibre et de la manipulation quotidienne, la chute du cycle capillaire.

Les examens : à qui les demander

Lorsqu’une chute se prolonge ou sort du cadre décrit, une recherche de cause est justifiée. Selon le contexte clinique, le médecin peut rechercher notamment une carence martiale, un trouble thyroïdien ou d’autres causes pertinentes. Le bilan n’est pas identique pour tout le monde, et l’observation d’une chute augmentée ne renseigne pas, à elle seule, sur son origine.

Ces investigations relèvent de votre médecin généraliste ou d’un dermatologue, pas d’une clinique de médecine esthétique. Un bilan biologique s’interprète dans un contexte médical global, en tenant compte de vos antécédents et de vos traitements.

Deux précautions, qui valent quelle que soit la cause. Ne vous supplémentez pas à fortes doses en réponse à une chute de cheveux : certains micronutriments sont toxiques en excès, et une supplémentation entreprise sans dosage préalable peut masquer un problème plutôt que le résoudre. Et n’interrompez jamais un traitement prescrit de votre propre initiative, même si vous suspectez un lien : cette question se discute avec le médecin qui vous l’a prescrit.

Et le PRP ?

C’est la question qui revient en septembre, et elle mérite une réponse précise.

Le PRP — plasma riche en plaquettes — consiste à prélever du sang, à le centrifuger pour concentrer les plaquettes, puis à réinjecter ce concentré dans le cuir chevelu.

Ce que montrent les données : le PRP dispose de résultats encourageants principalement dans l’alopécie androgénétique, la chute de cheveux d’origine héréditaire. Plusieurs essais et méta-analyses retrouvent une amélioration de la densité capillaire dans cette indication.

Le niveau de certitude reste toutefois limité. Les revues systématiques relèvent une hétérogénéité importante entre les études, une qualité méthodologique variable et un risque de biais. Un problème traverse cette littérature : il n’existe pas de protocole standardisé, et la composition du plasma varie considérablement selon la méthode de préparation. Deux séances portant le même nom ne délivrent pas nécessairement la même chose.

Le point décisif pour cet article : les données sont beaucoup plus pauvres pour la chute saisonnière et l’effluvium télogène. Une méta-analyse récente portant sur 43 essais randomisés le souligne explicitement — ces formes y sont très nettement sous-représentées.

Par ailleurs, comme une variation saisonnière isolée a tendance à se normaliser d’elle-même, il est difficile d’attribuer une amélioration à un traitement sans diagnostic précis ni comparaison objective dans le temps.

Cela ne disqualifie pas cette approche. Cela signifie qu’elle relève d’une indication posée après diagnostic, et non d’une réponse automatique à une chute de rentrée.

Ce qui aide en attendant

Laisser passer. Il n’existe pas de traitement de référence spécifiquement démontré pour raccourcir une simple variation saisonnière physiologique.

Protéger la fibre. C’est ici que se joue la part « casse » : limiter la chaleur des appareils, éviter les attaches serrées, espacer les gestes agressifs. Le retour de l’été justifie un peu de douceur, comme pour la peau après les vacances.

Documenter. Photographiez votre raie et votre densité générale, à la même lumière, à un mois d’intervalle. Si vous devez consulter, ces images vaudront mieux que n’importe quelle description.

Consulter si les repères ci-dessus sortent du cadre — ou simplement si vous êtes inquiète. Une consultation qui conclut à un phénomène banal reste une consultation utile.

Notre approche, à Bruxelles

Beaucoup de demandes nous parviennent en septembre et en octobre. Une partie n’appelle aucun traitement.

Nous commençons par situer la chute : diffuse ou localisée, récente ou installée, avec ou sans perte de densité. Nous cherchons un éventuel facteur dans les mois précédents. Et lorsque le tableau sort du cadre d’une variation saisonnière, nous orientons vers un médecin généraliste ou un dermatologue pour un bilan, avant toute proposition esthétique.

Il arrive régulièrement que la conclusion soit : revenez dans trois mois si cela ne s’est pas amélioré. Sur ce sujet, c’est souvent la recommandation la mieux fondée.

Lorsqu’une prise en charge par PRP est envisagée, elle l’est dans une indication précise, avec un exposé honnête du niveau de preuve — y compris de ses limites.

Questions fréquentes

Est-il normal de perdre plus de cheveux en septembre ?
Une variation saisonnière est documentée : plusieurs études ont mis en évidence une périodicité annuelle du cycle capillaire, avec une proportion maximale de cheveux en phase de repos en fin d’été et début d’automne. Cela ne signifie pas que toute chute observée en septembre soit saisonnière.

Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?
On cite souvent cinquante à cent cheveux comme ordre de grandeur. Ce chiffre reste indicatif : le comptage quotidien est peu fiable et varie selon la fréquence de lavage, la longueur des cheveux et la coiffure. L’évolution de la densité générale est un repère plus utile.

Pourquoi une chute peut-elle survenir des mois après un événement ?
Parce qu’un cheveu qui bascule en phase de repos ne tombe pas immédiatement : il tombe à la fin de cette phase, plusieurs semaines à plusieurs mois plus tard. C’est le mécanisme de l’effluvium télogène, souvent déclenché par une fièvre importante, une intervention, un accouchement, une perte de poids marquée ou un changement de traitement.

Comment savoir si mes cheveux tombent ou cassent ?
Un cheveu tombé en fin de cycle présente souvent à une extrémité un petit renflement clair et kératinisé. Un cheveu cassé est interrompu sur sa longueur et ne présente pas cet aspect. Ce repère aide à s’orienter, mais ne suffit pas à déterminer l’origine d’une chute.

Quand faut-il consulter pour une chute de cheveux ?
Sans attendre en cas de chute localisée ou en plaques, d’élargissement progressif de la raie, de recul de la ligne frontale, de douleur ou de démangeaisons importantes du cuir chevelu, de chute massive, ou de chute accompagnée d’autres symptômes généraux. Également si la chute se prolonge au-delà de six mois. Ces situations relèvent d’un médecin généraliste ou d’un dermatologue.

Faut-il faire une prise de sang ?
Selon le contexte clinique, le médecin peut rechercher notamment une carence martiale, un trouble thyroïdien ou d’autres causes pertinentes. Le bilan n’est pas identique pour tout le monde et s’interprète dans un contexte médical global. Ne vous supplémentez pas à fortes doses sans dosage préalable.

Le PRP est-il indiqué en cas de chute saisonnière ?
Les données disponibles concernent principalement l’alopécie androgénétique, d’origine héréditaire, avec des résultats encourageants mais un niveau de certitude limité par l’hétérogénéité des protocoles. Elles sont beaucoup plus pauvres pour la chute saisonnière et l’effluvium télogène. Une indication se pose après diagnostic, pas en réponse automatique à une chute de rentrée.

Un complément alimentaire peut-il arrêter la chute ?
Il n’existe pas de traitement de référence spécifiquement démontré pour raccourcir une simple variation saisonnière physiologique. En cas de carence documentée par un dosage, une supplémentation peut être indiquée — mais après le dosage, pas avant, et sous supervision médicale.


Mention d’information

Cette page a une vocation d’information générale. Elle ne constitue ni un diagnostic, ni un conseil médical individualisé, ni une incitation à recourir à un acte de médecine esthétique. Le diagnostic d’une chute de cheveux et la recherche de ses causes relèvent d’une consultation médicale. Les actes de médecine esthétique comportent des risques, des contre-indications et des effets indésirables possibles ; leurs résultats varient d’une personne à l’autre et aucun résultat ne peut être garanti. Toute prise en charge doit être individualisée et réalisée par un professionnel légalement habilité. Un devis personnalisé est établi après consultation.

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